Depuis le 1er mai, les pharmaciens d’officine sont à nouveau appelés à participer à l’enquête nationale OSIAP (Ordonnances suspectes indicateurs d’abus possibles), coordonnée par l’ANSM et pilotée par le CEIP-A de Toulouse. Créé en 2001, ce dispositif permet d’identifier les médicaments faisant l’objet de détournements via des ordonnances falsifiées ou anormales. L’édition 2024 a recensé 2 890 ordonnances suspectes, contre 3 317 en 2023, année particulièrement marquante selon les données publiées par le réseau d’addictovigilance.
Au-delà de la fraude documentaire, cette enquête révèle surtout une évolution profonde des problématiques de santé publique. Téléconsultations détournées, falsifications numériques, mésusage de certains antalgiques ou antitussifs codéinés : l’officine se retrouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs tensions entre accès au soin, usages addictifs, transformation numérique et sécurisation du circuit du médicament. Dans ce contexte, la vigilance pharmaceutique dépasse largement le simple contrôle administratif pour devenir une fonction sociétale à part entière.
Au-delà de la fraude documentaire, cette enquête révèle surtout une évolution profonde des problématiques de santé publique. Téléconsultations détournées, falsifications numériques, mésusage de certains antalgiques ou antitussifs codéinés : l’officine se retrouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs tensions entre accès au soin, usages addictifs, transformation numérique et sécurisation du circuit du médicament. Dans ce contexte, la vigilance pharmaceutique dépasse largement le simple contrôle administratif pour devenir une fonction sociétale à part entière.
Points clés à retenir
• L’enquête OSIAP existe depuis 2001 et constitue un outil national d’addictovigilance piloté par l’ANSM et le CEIP-A de Toulouse.
• En 2024, les médicaments les plus retrouvés dans les ordonnances suspectes concernaient notamment le paracétamol, le tramadol, les insulines et certains antitussifs codéinés.
• Les ordonnances issues de téléconsultation représentaient 12 % des signalements en 2024, contre 8,3 % en 2023.
• Depuis 2025, le signalement est facilité via un portail dématérialisé permettant une transmission directe des cas suspects.
Le dispositif OSIAP repose essentiellement sur l’observation terrain des pharmaciens. Ordonnances scannées, prescriptions modifiées, documents volés ou générés informatiquement : la sophistication des pratiques oblige progressivement les officinaux à développer de nouvelles capacités de détection. Cette évolution pose également la question de la charge mentale et organisationnelle supportée par les équipes officinales, dans un contexte où les missions de vigilance sanitaire ne cessent de s’élargir.
• En 2024, les médicaments les plus retrouvés dans les ordonnances suspectes concernaient notamment le paracétamol, le tramadol, les insulines et certains antitussifs codéinés.
• Les ordonnances issues de téléconsultation représentaient 12 % des signalements en 2024, contre 8,3 % en 2023.
• Depuis 2025, le signalement est facilité via un portail dématérialisé permettant une transmission directe des cas suspects.
Le dispositif OSIAP repose essentiellement sur l’observation terrain des pharmaciens. Ordonnances scannées, prescriptions modifiées, documents volés ou générés informatiquement : la sophistication des pratiques oblige progressivement les officinaux à développer de nouvelles capacités de détection. Cette évolution pose également la question de la charge mentale et organisationnelle supportée par les équipes officinales, dans un contexte où les missions de vigilance sanitaire ne cessent de s’élargir.
Sur le plan humain, OSIAP participe directement à la prévention des conduites addictives et à la limitation des risques liés au mésusage médicamenteux. La détection précoce de nouveaux détournements peut permettre aux autorités sanitaires d’adapter rapidement les mesures de contrôle ou les recommandations de prescription.
Pour les officines, cette mission renforce le rôle du pharmacien comme acteur de santé publique de proximité. Mais elle nécessite également une montée en compétence continue des équipes face à des pratiques de fraude de plus en plus hybrides, mêlant numérique, falsification documentaire et stratégies de contournement réglementaire.
D’un point de vue plus stratégique, le dispositif met en lumière une évolution discrète du métier : le pharmacien ne sécurise plus uniquement le médicament, il participe désormais à la surveillance comportementale des usages de santé.
Pour les officines, cette mission renforce le rôle du pharmacien comme acteur de santé publique de proximité. Mais elle nécessite également une montée en compétence continue des équipes face à des pratiques de fraude de plus en plus hybrides, mêlant numérique, falsification documentaire et stratégies de contournement réglementaire.
D’un point de vue plus stratégique, le dispositif met en lumière une évolution discrète du métier : le pharmacien ne sécurise plus uniquement le médicament, il participe désormais à la surveillance comportementale des usages de santé.
Perspectives Stratégiques
L’évolution des signalements liés aux téléconsultations ou aux falsifications numériques montre que les dispositifs historiques de contrôle doivent désormais composer avec une médecine plus dématérialisée et des pratiques de fraude plus sophistiquées. Cette transformation pourrait pousser les officines à intégrer davantage d’outils numériques de vérification, de formation comportementale ou d’analyse des signaux faibles.
En filigrane, une question plus large apparaît : jusqu’où la pharmacie d’officine peut-elle devenir un maillon avancé de surveillance sanitaire sans transformer progressivement le comptoir en espace permanent de suspicion ?
En filigrane, une question plus large apparaît : jusqu’où la pharmacie d’officine peut-elle devenir un maillon avancé de surveillance sanitaire sans transformer progressivement le comptoir en espace permanent de suspicion ?
Sources Documentaires
[Portail de l’OSIAP] : https://redcap.chu-toulouse.fr/surveys/?s=W3KNAR3AR9XRY4M3
[Source institutionnelle] : https://addictovigilance.fr/programmes-dobservation/osiap/
[Source institutionnelle] : CNOP – Enquête OSIAP : lancement de la phase de recueil des ordonnances suspectes – 7 mai 2026
https://www.ordre.pharmacien.fr/les-communications/focus-sur/les-actualites/enquete-osiap-lancement-de-la-phase-de-recueil-des-ordonnances-suspectes
[Presse professionnelle] : Le Moniteur des Pharmacies – Ordonnances falsifiées et pratiques d’abus : c’est le retour de l’enquête OSIAP ! – 11 mai 2026