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Et si la prochaine exigence RSE des pharmacies concernait… leur communication

10 mai 2026 4 min de lecture
L’Agence de la transition écologique (ADEME), accompagnée du Commissariat général au développement durable (CGDD) et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), vient de publier un « Guide de l’influence responsable » destiné aux acteurs de la communication, du marketing et des réseaux sociaux. Le document s’inscrit dans un contexte marqué par la montée des accusations de greenwashing, la diffusion massive de fake news et une défiance croissante envers les organisations. Son ambition : promouvoir une communication plus transparente, éthique et fondée sur la preuve.

Même si ce guide vise d’abord l’écosystème de la communication, ses enseignements concernent directement le secteur pharmaceutique. La pharmacie d’officine, les laboratoires ou encore certains acteurs du bien-être et de la santé utilisent désormais massivement les réseaux sociaux, les influenceurs ou les partenariats de visibilité. Dans un environnement où la confiance constitue un capital stratégique majeur, la frontière devient parfois ténue entre pédagogie sanitaire, promotion commerciale et communication d’engagement. Cette évolution pourrait progressivement transformer la communication responsable en véritable sujet RSE pour le secteur santé.

Points clés à retenir

• Le guide rappelle que les messages liés à l’écologie, à la santé ou à l’éthique doivent pouvoir être objectivés et documentés.

• Les acteurs de la communication sont désormais exposés à des risques réputationnels, réglementaires et juridiques croissants en cas d’allégations trompeuses.

• Selon les données citées dans le guide, 84 % des 15-24 ans suivent au moins un influenceur, illustrant le poids culturel et comportemental de ces nouveaux relais d’opinion.

Le document dépasse largement le simple sujet publicitaire. Il interroge le rôle sociétal de la communication elle-même. En santé, cette question devient particulièrement sensible : conseils bien-être approximatifs, survalorisation de certains produits, confusion entre expertise scientifique et influence commerciale, ou encore usage de termes environnementaux peu définis (« naturel », « durable », « responsable ») peuvent fragiliser la confiance des patients. Pour les officines et les acteurs du médicament, cela pose indirectement la question d’une future « traçabilité » des engagements communiqués, au même titre que la qualité ou la sécurité des produits.
Pour les patients et le grand public, une communication plus rigoureuse pourrait contribuer à limiter certaines formes de désinformation sanitaire ou de confusion commerciale. Dans un secteur où l’asymétrie d’information reste forte, la transparence devient aussi un enjeu d’accessibilité et de protection du consommateur.

Pour les pharmacies et les acteurs de terrain, ce type de guide peut également servir de base méthodologique. Beaucoup d’officines communiquent aujourd’hui sur leurs engagements, leur proximité ou leur rôle de santé publique sans toujours disposer de référentiels internes structurés pour encadrer ces prises de parole. La RSE pourrait ainsi progressivement intégrer un nouveau champ : celui de la responsabilité communicationnelle.

Enfin, pour l’écosystème pharmaceutique, cette évolution pourrait favoriser une différenciation plus forte entre communication opportuniste et engagements réellement démontrables. À terme, les acteurs capables de documenter précisément leurs actions pourraient bénéficier d’un avantage réputationnel important dans un contexte de défiance croissante.

Perspectives Stratégiques

Ce guide marque peut-être une évolution plus profonde qu’il n’y paraît : le passage d’une communication centrée sur l’image à une communication centrée sur la preuve. Pour le secteur pharmaceutique, habitué à des exigences réglementaires fortes sur les produits, la question pourrait progressivement s’étendre aux discours eux-mêmes.

Demain, les engagements RSE affichés par une officine, un groupement ou un laboratoire devront-ils être aussi traçables et vérifiables que certaines obligations sanitaires ou qualité ? Et la communication responsable pourrait-elle devenir, à son tour, un futur critère de crédibilité dans le secteur de la santé ?
Sources Documentaires

[Guide institutionnel] : Agence de la transition écologique (ADEME) – Guide de l’influence responsable – 2026

https://librairie.ademe.fr/economie-circulaire-et-dechets/9167-11070-guide-de-l-influence-responsable-9791029723919.html#/44-type_de_produit-format_electronique

[Guide institutionnel] : Agence de la transition écologique (ADEME) – Guide de la communication responsable – 2022

https://librairie.ademe.fr/economie-circulaire-et-dechets/5818-7369-le-guide-de-la-communication-responsable-nouvelle-edition-enrichie-9791029715730.html#product-features

[Article de presse] : The Good – « Un Guide de l’influence responsable, pour éviter le péril du greenwashing, construire la confiance par la preuve et promouvoir de nouveaux imaginaires » – 14 Avril 2026

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