En mars 2026, les pharmacies du Rhône sont appelées à participer à une collecte de produits d’hygiène et de soins pour nourrissons au profit des Restos du Cœur. L’initiative s’inscrit dans la continuité d’une première campagne conduite en octobre 2024 et s’étend désormais à l’échelle départementale. Le dispositif repose sur un principe simple : les patients achètent en officine des produits ciblés (hygiène corporelle, soins bucco-dentaires, articles de puériculture), puis les déposent sur place pour redistribution par l’association.
Au-delà de la logistique, l’opération révèle une évolution des besoins sociaux. Selon les données de l’Insee, près de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France (Insee, dernières données disponibles). Les Restos du Cœur indiquent que, derrière l’aide alimentaire, les produits d’hygiène constituent l’une des demandes les plus fréquemment exprimées par les bénéficiaires. L’accès à l’hygiène et aux soins de base relève ainsi d’un enjeu de dignité, de santé publique et d’inclusion sociale.
Points clés à retenir
• Collecte organisée du 1er au 31 mars 2026 dans les pharmacies volontaires du Rhône.
• Centralisation des dons en officine, puis redistribution par les Restos du Cœur du Rhône.
• Appui logistique assuré par les grossistes-répartiteurs (transmission de kits, collecte des produits).
• Produits ciblés : hygiène corporelle, soins bucco-dentaires, articles de toilette et de change pour nourrissons.
Dans le Rhône, l’association accueille plus de 37 000 personnes (données communiquées par l’association, 2026). L’opération repose sur un maillage officinal dense, encadré par un kit précisant les consignes de tri, les références prioritaires et le circuit logistique. Ce cadre organisationnel limite les risques de produits inadaptés et sécurise la redistribution.
Sur le plan sociétal, l’initiative renforce la fonction de proximité de l’officine. Elle positionne le pharmacien comme acteur de solidarité territoriale, au-delà de la seule dispensation médicamenteuse. Pour les bénéficiaires, l’accès à des produits d’hygiène contribue à la prévention des pathologies dermatologiques, bucco-dentaires ou infectieuses, tout en soutenant l’estime de soi.
Sur le plan organisationnel, l’opération implique une coordination entre officines, répartiteurs et association. Elle suppose une gestion logistique maîtrisée (stockage temporaire, traçabilité des dons, communication en point de vente) et mobilise les équipes officinales dans un contexte déjà contraint en ressources humaines.
Pour les professionnels, cette mobilisation illustre concrètement le pilier ISO 26000 relatif aux communautés et au développement local. Elle valorise l’engagement RSE de l’officine sans modifier son modèle économique, mais en renforçant sa légitimité sociale. Elle interroge également la capacité du réseau à structurer des actions solidaires récurrentes, intégrées à la gouvernance locale.
Perspectives Stratégiques
Cette opération départementale pourrait préfigurer des dispositifs territoriaux pérennes associant pharmacies, associations et répartiteurs autour de besoins identifiés (hygiène, petite enfance, santé préventive). Dans un contexte de fragilisation sociale persistante, l’officine apparaît comme un point d’ancrage sanitaire et citoyen.
La question stratégique dépasse la collecte ponctuelle : comment intégrer durablement ces actions dans une démarche RSE structurée, mesurable et alignée avec les attentes des communautés locales ? L’enjeu est d’inscrire la solidarité dans la gouvernance officinale, sans alourdir excessivement les charges opérationnelles, afin de conjuguer performance économique et responsabilité sociétale.