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Beauté virale, risques réels : l’ANSM met en garde contre une tendance TikTok sur l’acné

8 mars 2026 4 min de lecture

Depuis plusieurs mois, une tendance virale sur TikTok affirme que certains médicaments contre l’acné, notamment ceux contenant de l’isotrétinoïne, pourraient affiner le nez. Popularisée par des milliers de vidéos sous le hashtag #Nose with Accutane et amplifiée par des propos de la célébrité Kendall Jenner, cette rumeur s’est largement diffusée auprès d’un public jeune, souvent sensible aux normes esthétiques véhiculées par les réseaux sociaux.


Face à cette tendance, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a rappelé qu’aucune preuve scientifique ne démontre une action de l’isotrétinoïne sur l’os ou le cartilage du nez. L’agence souligne au contraire les risques médicaux associés à cette molécule, utilisée dans des traitements de l’acné sévère tels que Roaccutane, Curacné ou Procuta. Cet épisode illustre un phénomène plus large : la désinformation sanitaire amplifiée par les réseaux sociaux, susceptible d’influencer les comportements de santé et la perception des médicaments.

Points clés à retenir

L’isotrétinoïne agit principalement en réduisant la production de sébum et l’inflammation cutanée, ce qui peut temporairement donner l’impression d’une peau plus fine. Selon les autorités sanitaires, cet effet peut être interprété à tort comme une modification de la structure du nez.


• L’ANSM rappelle qu’aucune donnée scientifique ne confirme un effet de l’isotrétinoïne sur l’os ou le cartilage nasal.
• La molécule peut entraîner des effets indésirables importants, notamment des atteintes hépatiques ou des troubles psychiques.
• Le médicament présente un risque tératogène majeur : selon les données rappelées par l’agence, une exposition pendant la grossesse peut entraîner un risque élevé de malformations congénitales.
• En conséquence, la prescription de ces traitements fait l’objet d’un encadrement strict, incluant un suivi médical et des mesures de prévention de grossesse.

Ces éléments rappellent que les traitements contenant de l’isotrétinoïne relèvent d’une prise en charge médicale spécialisée, et ne peuvent être détournés à des fins esthétiques ou expérimentales.

Sur le plan sociétal, cette affaire met en lumière la vulnérabilité informationnelle des jeunes publics face aux contenus viraux liés à la santé. Les tendances numériques peuvent transformer un traitement médical en objet de consommation esthétique, brouillant la perception des risques et favorisant la pression sociale autour de l’apparence.


Pour les patients, l’enjeu concerne également l’accès à une information fiable et compréhensible. Dans un contexte où les plateformes sociales jouent un rôle croissant dans la diffusion des informations santé, la capacité des autorités et des professionnels à réagir rapidement devient déterminante pour limiter la propagation de fausses croyances.


Pour les pharmaciens et les médecins, ces situations renforcent leur rôle d’acteurs de médiation scientifique. L’officine, souvent premier point de contact avec le système de santé, peut contribuer à corriger les idées reçues et expliquer les bénéfices et risques réels des traitements, dans une logique de prévention et d’éducation sanitaire.

Perspectives Stratégiques

À plus long terme, ce type de phénomène interroge la responsabilité collective autour de l’information santé en ligne. Entre plateformes numériques, influenceurs, autorités sanitaires et professionnels de santé, la lutte contre la désinformation devient un enjeu majeur de santé publique.


Pour les acteurs du médicament et du soin, la question dépasse la simple correction d’une rumeur : elle invite à renforcer les dispositifs d’éducation à la santé, de pharmacovigilance et de communication responsable. Dans un environnement numérique où les contenus viraux peuvent rapidement influencer les comportements, la crédibilité scientifique et la pédagogie deviennent des leviers essentiels pour préserver la confiance dans les traitements et protéger les patients.

Sources Documentaires

Textes rédigés à partir de sources journalistiques généralistes et institutionnelles, reformulés et contextualisés dans une approche RSE santé, information médicale et responsabilité numérique : Libération – « Risques pour le foie, dépression… : l’Agence de sécurité du médicament alerte sur la tendance TikTok selon laquelle les médicaments contre l’acné affineraient le nez » – 5 mars 2026.

https://www.liberation.fr/societe/sante/risques-pour-le-foie-depression-lagence-de-securite-du-medicament-alerte-sur-la-tendance-tiktok-selon-laquelle-les-medicaments-contre-lacne-affineraient-le-nez-20260305_UJPRXEOQ55E2ROL2WYRBLVP7CA/

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